J’habite un quartier formidable !

11 Mar

On peut en effet y surveiller ses enfants au square tout en étudiant les pratiques des consommateurs de services sexuels. Ah, ah ! Ca vous en bouche un coin, tout de même !

Je m’explique. Le square où nous allons parfois, est situé sur les boulevards extérieurs parisiens, connus pour être des lieux de prostitution. Et le long de ce square, il y a un certain nombre de camionnettes garées là, non pas d’ouvriers du batiment, mais abritant des femmes légèrement vêtues. La dernière fois que nous y sommes allés, j’étais assise sur un banc juste en face de deux camionnettes. Et j’avoue avoir été fascinée par ce qui se passait sous mes yeux (et pas par la partie de foot de mes garçons…).

Curiosité malsaine ? Je dirais plutôt intérêt sociologique (bonne excuse ?) et curiosité vis-à-vis d’un monde qui me semble très loin de moi alors qu’il se déroule sous mes yeux. Et puis je veux éviter à tout prix l’indifférence, faire comme s’il ne se passait rien. Je ne veux pas juger, je ne veux pas éprouver de pitié. Oui c’est glauque, mais trouver cela uniquement glauque c’est m’autoriser à ignorer, et je ne trouve pas cela correct pour ces femmes. Oui elles font un boulot qu’elles n’ont surement pas choisi, elles ont dû en subir des humiliations pour en arriver là. Mais elles sont là maintenant, et je ne veux pas faire comme si elles n’y étaient pas. Je me protège aussi peut être… en essayant d’en supprimer tout l’aspect émotionnel… Sûrement.

Je n’apporte rien, je constate juste.

En fait, ces camionnettes je les avais déjà vu plusieurs fois, mais je n’avais encore jamais vu de  « clients » ! Et ce qui m’a surprise, c’est le fait que ce soit des hommes comme on en croise tous les jours, dans le métro, à faire ses courses. Des jeunes, des un peu moins jeunes. Ils ne se cachent pas, n’ont pas de casquette ou chapeau vissé jusqu’aux yeux, pas d’écharpe. J’ai l’impression de pouvoir croiser quelqu’un que je connais (gloups !). En même temps, c’est peut être mieux, au moins ils n’ont pas honte, ils semblent assumer. Je pense que je préférais imaginer que la clientèle des prostituées était avant tout constituée de vieux pervers plutôt que de son collègue de boulot…

On les voit hésiter un peu, s’approcher de la portière passager, s’enquérir du prix (j’imagine…), monter dans la camionnette, passer à l’arrière, un rideau (pudique?) se tire alors, et quelques minutes après les voilà déjà ressortis, semble-t-il plus légers, un petit sourire aux lèvres … Et la femme reprend son poste sur le siège conducteur, se recoiffe un peu, se remet un coup de rouge à lèvres …

Je vous mets cet article trouvé sur Causette accompagné d’une lettre d’une prostituée en colère  et qui ouvre aussi un peu les yeux sur leur métier. Parce que oui, pour elles ou pour certaines d’entre elles, c’est avant tout un métier ! (la partie émergée de l’iceberg ?)

PS : je me demande ce que je répondrais lorsqu’un de mes garçons me demandera ce qu’attendent ces dames dans leur camionette ? Si je réponds du tac au tac le client ? Cela suffira-t-il ?

PS2 : Ca y est ! Mon fils ainé m’a posé la question fatidique

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Une Réponse to “J’habite un quartier formidable !”

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  1. J’aime ce blog ! « Deux poulettes - 15 août 2011

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