Un poulet, un vrai

9 Jan

J’ai longtemps hésité à accepter l’invitation des trois poulettes à venir publier, de temps en temps, quelques billets sur ce blog. Le problème est que je suis un poulet, un vrai, qui aime le football à la télé, les blagues grasses dans le poulailler, mater les poulettes à la terrasse d’un café, me mettre une bière dans le gosier à toute heure de la journée. Qu’allais-je donc faire dans l’antre de poulettes, et pas n’importe lesquelles en plus, des raffinées, des délicates, du genre à s’extasier devant un nouveau bain moussant, à aimer le confort de la paille fraiche et du poulailler bien balayé, à déguster du premier choix, à se cultiver ?

Mais voilà, j’ai plein de choses en commun avec ces poulettes : j’aime lire, sortir, les restaurants et la cuisine. Et raconter tout cela avec une petite dose de testostérone (garantie sans hormone artificielle), ça peut changer un peu des notes sur le thé, la littérature sentimentale ou les films à l’eau de rose postées par les poulettes… Bon je blague hein, parce que j’oubliais les poulettes en question sont aussi, comme toutes les poulettes, très susceptibles.

Je vais commencer par une bonne action à destination des maris, amants, amoureux des poulettes. A priori ils ne lisent pas trop ce type de blog mais rien n’empêche les poulettes intrépides de leur glisser une photocopie du billet cachée dans L’Équipe du dimanche matin ou de copier le lien dans un email de rappel de la liste des courses. Ou encore, après tout, de courir ces adresses entre copines…

Noël est passé certes, et on est plutôt en ambiance « détox » comme disent les poulettes snobs. Mais voici mon programme pour 2012 : plutôt que la soupe de légumes ou la salade post-réveillon, continuons la bombance, enivrons-nous, creusons nos déficits… voici donc mon top 5 des restaurants parisiens chics où emmener déjeuner/dîner une poulette (ou un poulet après tout, disons pour un repas à deux !) pour une grande occasion. Attention on est dans le clinquant, le haut de gamme. Si on perd notre triple A, je vous ferai un autre top 5 des restos parisiens chouettes et pas cher.

1. Le Jules Verne

Une adresse de la galaxie Ducasse. Pas vraiment de surprise dans l’assiette : des produits nobles (foie gras, lotte, chevreuil, langoustine, turbot…), des cuissons précises et des classiques de la grande cuisine (écrevisses à la riche, tournedos, saint-honoré..). Mais quel cadre mes poulettes, quel cadre ! Dans ce restaurant niché au cœur de la Tour Eiffel, l’arrivée par l’ascenseur privatif est magique. Déguster de tels mets avec cette vue panoramique sur Paris constitue l’expérience romantique par excellence. Bien sûr, c’est très cher, mais le menu déjeuner à 85 euros entrée/plat/dessert reste, relativement, accessible.
Tour Eiffel, 75007. http://www.lejulesverne-paris.com/

2. Senderens

Dans le mythique Lucas Carlton, Place de la Madeleine, longtemps considéré comme le meilleur restaurant du monde, le chef Senderens a rendu ses trois étoiles en 2005 pour transformer le restaurant en brasserie de luxe. Il a depuis retrouvé deux étoiles mais les prix ont été divisés par deux. Cuisine d’exception sans le chichi des grandes tables. Senderens est par ailleurs l’un des premiers cuisiniers à avoir créé des menus associant un vin particulier pour chaque plat (il crée souvent un plat en fonction d’un vin). Le menu dégustation (160 euros, vins compris) constitue ainsi une expérience gastronomique hors du commun. On n’est pas dans la cuisine moléculaire ou dans les modes du moment, mais dans la technique, le subtil et l’harmonie. Je garde une émotion particulière pour des suprêmes de canard rôti et sa cuisse en pastilla que j’ai eu la chance de déguster dans ce restaurant. A noter THE bon plan bonus : le bar « Le Passage » au-dessus du restaurant,  avec vue sur La Madeleine, offre un menu amuse bouche/entrée/plat/dessert à 36 euros qui permet d’avoir plus qu’un aperçu de cette magnifique cuisine.
9 Place de la Madeleine, 75008. http://www.senderens.fr

3. Ze Kitchen Galerie

William Ledeuil propose sa cuisine d’auteur, associant cuisine française et saveurs asiatiques, notamment via ses célèbres condiments (raifort-piment, mangue-citronnelle, mandarine-mikan). Beaucoup de poissons et coquillages. Une adresse coup de cœur pour âmes délicates. Le menu dégustation à 80 euros propose un voyage Paris-Bangkok-Tokyo (formule déjeuner à 39 euros). Pour poursuivre à la maison, je vous conseille également le très beau livre de recettes de Ledeuil : « Les couleurs du goût ».
4 rue des Grands Augustins, 75006. http://www.zekitchengalerie.fr

4. Restaurant Jean

L’ambiance fait penser à un bon resto de ville de province. Un peu kitsch mais confortable, aéré. Le propriétaire (qui ne s’appelle pas Jean) est avenant. La cuisine se déroule autour des musts du moment (algues, émulsions…) mais les assiettes arrivent généreuses et inspirées et c’est le plaisir qui l’emporte. Que diriez-vous de Saint-Jacques…tartare et carpaccio oursin, gelée et émulsion de pomme verte, gressin aux algues suivies d’un Pigeon…rôti suprême farci de foie gras, cuisse rôtie, macaroni truffés, truffe, gelée grenade, ail rose confit ? Menu du marché à 50 euros. Dégustation en 4 services à 65 euros.
8 rue Saint-Lazare 75009. http://www.restaurantjean.fr

5. Saturne

Un restaurant à la mode, pour les poulettes dans la hype. Belle salle près de la Bourse, une ambiance londonienne ou danoise. Une sélection de vins naturels et une cuisine d’aujourd’hui, centrée sur le produit, la simplicité et la poésie. Le chef Sven Chartier a travaillé avec Passard. C’est un peu cher parfois pour les produits travaillés, mais c’est inspiré, aérien, moderne. Là, on est en 2012, vraiment.
17 Rue Notre-Dame des Victoires, 75002. 01 42 60 31 90.

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7 Réponses to “Un poulet, un vrai”

  1. Poulette Carlotta 9 janvier 2012 à 09:25 #

    Merci pour ce délicieux panorama culinaire…fan de foot, vraiment?

    • Le coq 9 janvier 2012 à 10:18 #

      Oui oui fan de foot, j’assume… D’ailleurs ce blog manque cruellement de chroniques sportives…

  2. Pruvost 9 janvier 2012 à 10:49 #

    Bienvenue au Coq !!! Cela promet…. je suis déjà sous le charme !!!
    Votre blog est super….. Tous mes voeux à l’équipe pour cette nouvelle et belle année !!!

  3. La poulette M 9 janvier 2012 à 14:10 #

    « Des films à l’eau de rose postées par les poulettes »… Je m’insurge ! NON ! NON !
    OU alors, oui, mais pas que !

    Et soit dit en passant, du Poulet le billet est signé le Coq : une petite dose de testostérone ? plutôt une gosse dose, non ?!

    Mais bienvenue au Coq ! Des lectures savoureuses en perspective !

    • Le coq 9 janvier 2012 à 14:20 #

      « Un poulet, un vrai », cela implique nécessairement une bonne dose de mauvaise foi, de vanité et de provocation, comme chez tous les poulets… d’où le pseudo !

  4. Laurence 10 janvier 2012 à 09:21 #

    Bon, alors ? Coq ou poulet ? Dans tous les cas, au plaisir de te lire !

Trackbacks/Pingbacks

  1. Les redifs de l’été. Episode 2/3 « Deux poulettes - 13 août 2012

    […] Un poulet, un vrai…Le premier billet du Coq, on est ravi ! J’aime beaucoup ses destinations culinaires…mes yeux salivent à chaque fois. […]

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