Bien mieux fichu que l’as de pique – chapitre 4

22 Mar
Précédemment dans la série « Bien mieux fichu que l’as de pique »…
 
Driiiinnng. Le soleil entre par les vitres sales, il fait chaud dans l’appartement. Driiiinnng. Martin ouvre un oeil, il est allongé sur le canapé vert du salon. Il s’est endormi là en rentrant au petit matin. Quelle heure est-il ? Il a mal à la tête. Il a encore trop bu et trop fumé mais c’était une bonne soirée. Il s’est bien marré avec Alex et Pierre.

Driiiinnng… “J’arrive, j’arrive”… Il appuie sur l’interphone “Ouais ?” Silence… “Ouais ? Qui est-ce ?” Silence… Alors qu’il s’apprête à raccrocher, soudain une voix inattendue, inespérée. Est-il en train de rêver ? C’est Elle. Elle ! Il se réveille d’un coup. Elle lui demande si elle peut monter. Il hésite puis il appuie sur le bouton.

Il se précipite dans le salon pour enfiler ses vêtements et ouvrir la fenêtre. Il regarde la pièce en désordre. La femme de ménage n’est pas venue depuis deux semaines et ça se voit !

Il se regarde dans le miroir de l’entrée, il est vêtu comme l’as de pique. Tant pis. Il se passe la main dans les cheveux. Comment connait-elle son adresse ? Il se souvient, elle l’avait déposée en voiture un soir après une fête du bureau.

Elle est là. Face à lui. Diane. Elle esquisse un sourire. Elle retient sa respiration. Il retient son pantalon.
Il sourit, surpris. Heureux de la voir et gêné de son allure. Elle est là, si belle, si désirable et lui si minable.

Elle est nerveuse, elle hésite. Elle a la coeur qui bat la chamade, elle n’a jamais fait cela auparavant.

Martin l’invite à entrer. Il lui propose un café, un thé, un verre d’eau… Elle préfère rester debout, elle demande si elle peut fumer. Il file dans la cuisine, il a besoin de s’éclaircir les idées.
Tout en préparant le café, il se dit que ce weekend se présente d’une manière tout à fait imprévue et que la vie réserve bien des surprises. Une chose est sûre, cette occasion est unique et il ne faut pas la gâcher.

Au même moment, Diane se dit qu’elle est folle d’être là. Elle le connait à peine après tout. Elle observe ce salon en désordre. Mais le souvenir de ce matin lui serre le coeur.
Il l’a  réveillée en lui disant que l’hôpital venait d’appeler, il devait remplacer une collègue absente. C’était le mois d’août, il n’y avait personne d’autre disponible que lui.
Cette fois-ci elle ne l’a pas cru. Elle le sent, depuis quelques mois, que leur mariage commence à s’écrire au passé. Il fuit. Elle a crié, elle lui a fait une scène. Elle déteste jouer les femmes jalouses mais c’était plus fort qu’elle, elle avait besoin de lui hurler sa tristesse.

Vincent est parti sans la regarder.

Elle a pleuré, épuisée et perdue. Puis l’air est devenu irrespirable, elle étouffait dans cet appartement vide. La perspective de passer le weekend, seule dans Paris, l’a anéantie. Et comme une évidence, elle a pensé à Martin, à son regard, à son sourire. Elle a eu envie de le voir.

Heureusement les enfants sont en vacances au bord de la mer avec leurs cousins.

Martin revient et dépose un plateau sur la table basse. Elle le rejoint et s’asseoit sur le bord du canapé. Il s’installe dans le fauteuil en cuir face à elle, à distance respectable.

Il lui sourit et lui demande si ça va. Elle baisse les yeux et murmure un oui. Il en profite pour la regarder. Il ne dit rien, il ne veut rien gâcher, il la sent suspendue à une décision, sa décision.
Il sait bien sûr qu’elle a une vie ailleurs loin de lui. Mais Diane, pour lui, c’est une intelligence, une fraîcheur, un humour uniques et depuis quelques minutes une possibilité.

Il lui sert son café. Elle le boit doucement. Le silence s’installe entre eux. Un silence complice. Chacun sait ce qui se joue en cette chaude journée d’été. C’est si simple et si compliqué à la fois.

Martin soupire. Sans savoir pourquoi, il pense à son dernier amour. Ils avaient laissé leur histoire glisser vers la banalité, sans bruit, sans heurt et ils se sont quittés sans bruit, sans heurt.

Soudain ce silence lui est pesant. Il ne veut avoir aucun regret. Cela fait logtemps qu’il espère ce moment. Alors, il parle et lui raconte comment il est tomber amoureux d’elle…

Diane sourit, elle a pris sa décision. Même si ce ne doit être que pour une journée, elle veut être libre, elle aussi.

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Une Réponse to “Bien mieux fichu que l’as de pique – chapitre 4”

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  1. Bien mieux fichu que l’as de pique – Chapitre 5 « Deux poulettes - 23 mars 2012

    […] Chapitre 4. Driiiiiing… […]

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