Une expo qui a du chien…que dis-je, de la gueule…!

10 Mai

Un crapaud rigolo de Picasso, une chauve-souris de Van Gogh et tout l’aplomb de celle de César, le minet famélique de Giacometti, étiré comme un fil de pêche et qui fait face à cet angora blanc qu’un papillon distrait, le maxi caniche de Jeff Koons pomponné pour le concours , l’estampe géante du flamant rose d’Audubon, merveilleusement mise en couleur par Robert Havell…ou encore cette fameuse tête de lionne de Théodore Géricault… le regard du félin est impressionnant, tout à la fois tranquille et sur le qui-vive, prêt à bondir. L’âme du fauve saisie.

Ici l’animal existe sans maître, ni prédateur humain, peint, gravé, dessiné ou sculpté seul, comme un être à part entière. Dürer inaugurera cette approche et son « Lièvre » débute l’exposition. Vivant également sont les animaux représentés. Aucune nature morte n’est exposée, sauf peut-être ces petits phoques de Paul de Vos, qui ne semblent plus très frais…probablement peints après trépas.

A travers ces oeuvres se déroule l’évolution des rapports entre l’homme et l’animal, la place qu’il prend à ses côtés, l’avancée des connaissances qu’apportent les classifications, étiquetées aussi de préjugés, les animaux jadis en disgrâce et bientôt de compagnie, les prémisses de la reconnaissance de la souffrance animale…

On y visite les conditions des représentations avec l’encagement, exigu, des animaux permis par les zoos qui deviennent des lieux d’observation privilégiés. Les pérégrinations à travers l’Europe de ces cadeaux exotiques à deux ou quatre pattes offerts par les puissants à d’autres et les exhibitions des cirques sont autant d’occasions pour les artistes et les naturalistes de figurer l’animal.

Et puis il y eut Pompon. Sculpteur de son état et du début de l’autre siècle, inconnu à mon bataillon, jusqu’ici, c’est ainsi. Sa tête d’orang-outan tout d’abord puis le petit hippopotame et enfin l’ours blanc, grandeur nature, à qui toute une salle a été réservée, emblème désormais du réchauffement climatique.
François Pompon tranche avec les sculptures animalières classiques qui s’attachent à reproduire chaque détail : muscle, poil, griffes, paupière, cils, en creux et reliefs. Pompon est en dehors de ces représentations, hors ligne et plus que jamais à la magnifier de sa simplicité. Le regard suit son délié épuré sur lequel glisse la lumière, enveloppant totalement la forme qui, sans la moindre aspérité, ne donne prise à aucune ombre.

Jusqu’au 16 juillet au Grand Palais, Paris.
Hommes, femmes et enfants autorisés

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2 Réponses to “Une expo qui a du chien…que dis-je, de la gueule…!”

  1. La poulette bleue 10 mai 2012 à 12:18 #

    Cela donne envie d’y aller ! Merci poulette Carlotta ! Dans un autre genre, mais toujours sur les animaux, le musée de la chasse vaut aussi le détour …

    • Poulette Carlotta 10 mai 2012 à 22:03 #

      Et oui, mais ce serait pour moi comme cautionner une pratique qui m’échappe totalement, bien plus basée sur le plaisir de tuer que sur l’alibi de la régulation des espèces …il faudrait que je me renseigne pour savoir si le lobie des chasseux est derrière tout ça…:-)

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