J’ai survécu au Parc des princes

11 Oct

Quand on devient mère, on apprend à faire des sacrifices, que dis-je, à faire don de soi. Et à assumer ses choix. En l’occurrence, ses choix de cadeau.

Je m’explique.

J’ai en effet offert à mon fils aîné pour ses 9 ans, deux places pour aller voir un match historique, le PSG contre le Barça (pour les non initiés, je précise que le Barça est bien sûr l’équipe de Barcelone, équipe mythique s’il en est, composée du dieu du foot en personne, Messi) (là aussi on note le sacrifice de la mère, je ne me suis jamais beaucoup intéressée au foot, mais en quelques années mon fils a réussi à me transmettre quelques données de base). Je vous passe les péripéties pour trouver les places, m’étant réveillée 10 jours avant la date du match (j’ai depuis une carte de membre du PSG avec ma photo et tout), l’important étant le plaisir de mon fils en ouvrant son cadeau et comprenant au bout de 2 minutes d’hébétude (l’émotion sûrement) de quoi il s’agissait.

Je n’avais pas précisé qui l’accompagnerait, prévoyant néanmoins que ce moment de virilité se partage entre le fils et le père. Que nenni, le père avait autre chose de prévu le soir dudit match. N’écoutant que ma fibre féministe (je retourne ma veste quand cela m’arrange…), j’ai trouvé qu’en effet ce rite quasi initiatique pouvait tout à fait être assumé par la mère. Après tout j’étais déjà allée soutenir les canaris dans ma tendre jeunesse, et assister à quelques matchs de foot au stade de France (si mon fils a besoin d’aller voir un psy quand il sera plus grand on saura d’où cela vient !).

J’avais un peu oublié qu’il s’agissait du Parc des princes. Cet antre de supporters du PSG, nimbé d’une réputation sulfureuse et extrémiste, il faut bien le dire. Même si cela a bien changé vous diront tous les supporters !

Dès que nous sommes arrivés en vue du stade et que j’ai vu tous ces hommes en groupe, entre amis, se diriger vers cette arène, un frisson m’a parcourue. L’impression de ne pas être du tout à ma place. Non seulement parce que j’étais une femme, mais aussi parce que j’étais seule, avec un enfant qui plus est. Et encore heureux, qu’après de longues hésitations, mon fils n’ait pas mis son maillot du Barça!

Une fois entrés et installés à nos places, et avoir repéré que je n’étais tout de même pas la seule femme de tout le virage où nous étions, les chants ont commencé, suivis des acclamations à l’énumération des joueurs. C’est impressionnant ce que des milliers de supporters font comme bruit ! Mon fils, un peu surpris, se bouchait les oreilles. Les acclamations aux noms des parisiens ont fait place à de gentils noms d’oiseaux pour les joueurs du Barça! On était loin de la bonne ambiance du stade de France, où on applaudit, fair-play, les joueurs de l’équipe adverse. En fait, j’ai eu la nette impression de me retrouver dans un autre monde possédant des codes bien particuliers. Les tribunes de chaque côté du stade se répondent en chanson, les supporters scandent des chants à des moments particuliers, ponctués de gestes (j’ai été un peu surprise et cru à un moment qu’ils ne levaient qu’un seul bras. Ouf! non, c’était juste mon voisin qui tenait sa clope dans l’autre main). Au moment de la mi-temps, ce que l’on ne peut voir nulle part ailleurs, si ce n’est au salon du bricolage peut être, il y avait la queue aux toilettes des hommes et personne à celles des femmes !

Au final ce n’est pas la plus belle image du foot qui en ressort mais en même temps je comprends que l’on puisse se laisser prendre au jeu, en ayant l’impression d’appartenir à une grande famille. Une grande famille qui est aussi inquiétante. Durant tout le match on ressent une violence contenue, latente, qui fait froid dans le dos lorsque l’on pense au nombre de personnes rassemblées dans cet espace.

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3 Réponses to “J’ai survécu au Parc des princes”

  1. Mélany 11 octobre 2012 à 13:24 #

    Que c’est beau l’amour d’une mère… Cela force l’admiration.
    Quand je pense à la réunion de milliers d’êtres transformés (il y a un avant, un pendant et un après le match !) réunis dans un même lieu aussi mythique que le parc des Princes. Il faut aussi se souvenir qu’une foule ce n’est pas seulement une somme d’individus. Et encore je ne parle pas de supporters là (car pour le coup, c’est PIRE).
    Moi, je n’en ai qu’un seul devant la télé à plusieurs centaines de kilomètres du Parc et je me refuse d’imaginer le phénomène multiplié, que dis-je « exponentiellisé », avec un de mes loulous (même fan de foot) au milieu !
    Là je dis « chapeau bas » la poulette bleue !!

    • La poulette bleue 11 octobre 2012 à 13:27 #

      Merci ! Cela fait plaisir. D’autant que je n’ai pas l’impression que ce sacrifice ait été apprecié à sa juste valeur à la maison !

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  1. Comment j’ai (pas) survécu à l’anniversaire de mon fils « Deux poulettes & Co - 25 octobre 2012

    […] précédemment raconté comment j’avais survécu à un match du PSG au Parc des princes pourtant à guichet fermé, et bien ce week end j’ai connu […]

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