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En passant

Toc, toc, toc ?

16 Oct

porte

Me voilà toute intimidée de revenir en ces lieux. C’est que cela date, mon dernier billet… J’arrive sur la pointe des pieds, il y a quelqu’un ? Non personne actuellement, je peux m’asseoir, m’installer un peu ? Une tasse de thé parfumée, une mignardise (pour faire plaisir au coq) et c’est parti! (en vrai, il est 6h37 du matin, je suis en pyjama, je n’ai même pas encore pris mon café car je me suis brutalement réveillée en me souvenant que je n’avais pas terminé ce billet, et c’est véridique!)

Alors les idées se bousculent, mais de quoi pourrais-je vous parler? C’est que l’on a un peu perdu le fil …

Vous dire que ce qui m’occupe le plus en ce moment, c’est trouver le collège adéquat pour mon fils. Que je me retrouve piégée dans un système que je réprouve et que malgré cela, je n’ai pas le courage de le quitter ? Ca je vous en parlerai peut être la prochaine fois ! (ceci explique aussi mon retard…)

Vous dire que j’ai été récemment surprise voire choquée d’entendre une annonce du métro : « Pour ne pas tenter les pickpockets, veiller à fermer vos affaires personnelles ». C’est drôle car c’est une annonce que j’ai entendue des centaines de fois, et qui ne m’a jamais fait ni chaud ni froid,. Généralement, je serrais alors mon sac près de moi, vérifias qu’il était bien fermé. Mais cette fois-ci, je l’ai trouvée choquante.

logo-ratpParce que, ce que ce message signifie finalement, c’est que c’est à nous, honnêtes gens, de faire attention à nos affaires personnelles et donc de faire en sorte de ne pas « tenter » les pickpockets. C’est limite si ce n’est pas de notre faute si on se fait voler quelque chose ! Ben oui, quoi, on vous l’avait bien dit qu’il fallait faire attention ! Il ne faut pas TENTER le diable…

Non mais c’est fort de café, et comme disait ma belle-mère, « c’est à se taper la tête sur les murs »  ! C’est comme de dire que les filles qui se font violer, ce sont des filles qui l’ont bien cherché, surement qu’elles étaient en mini jupe aussi… C’est trop tentant tout de même. De là à dire que le port du voile permet de ne pas tenter les hommes (je ne vais pas plus loin sur ce débat qui risque de m’entraîner sur une pente savonneuse!)… Finalement, c’est nous faire sentir responsables des déviances des autres.

Je suis d’accord qu’il faut alerter des dangers, mais il est peut être possible de le faire autrement, non ?

Et du coup cela autorise aussi n’importe qui à se mêler de vos affaires et à vous alerter sur les dangers potentiels que vous courrez. Je me souviens d’une fois, c’est très anecdotique, un type en moto qui m’avait fait une réflexion sur le fait qu’il trouvait que c’était dangereux de porter des chaussures ouvertes alors que j’étais en scooter. J’ai été trop scotchée pour pouvoir lui répondre quoi que ce soit, mais ensuite je me suis dit que ce n’était tout de même pas son problème si j’étais prête à prendre ce risque. De quoi se mêlait-il ?

Mais je m’énerve toute seule… Ah, cela fait du bien de trouver un exutoire à nos énervements passagers!

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En colère

2 Oct

coquelicot

© Poulette rose.

Cela fait de longs mois maintenant que les Deux poulettes & co sont muettes. Nous sommes partis pour de longues vacances (sur des continents au bout du monde… ou à Camaret), nous avons bullé des heures durant aux terrasses des cafés, dans les parcs, à la plage… ou sur notre canapé. Devant le plaisir procuré par une telle oisiveté, nous avons même songé – un court instant – à arrêter de publier ici des chroniques culturelles, sentimentales, politiques… ou futiles. Mais nous nous sommes repris en main. Face aux centaines de mails que nous avons reçus de vous, fidèles lecteurs, en colère d’être privés depuis si longtemps de Deux poulettes, nous reprenons d’arrache-pied notre sacerdoce et vous retrouverez ici, deux à trois par mois (histoire de garder un peu de temps pour l’oisiveté), des billets toujours aussi savoureux, drôles, brillants… ou pas. Et pour ne rien manquer de nos billets, il faut vous abonner, c’est à votre droite après Keep in touch !

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© Wikimédia / Per Palmkvist Knudsen

En ce qui me concerne, j’ai passé ces quelques mois d’absence ici à ruminer. En l’absence d’exutoire sur la grande toile, j’ai intériorisé, j’ai gardé pour moi des sujets d’importance capitale dont il faut impérativement que je vous parle. Moi aussi, je suis en colère, et j’ai besoin de me défouler. Tant de sujets me révoltent. Prenez par exemple le sandwich à la mayonnaise. N’est-il pas inconcevable que la plupart des boulangeries proposent systématiquement de la mayonnaise dans les sandwichs crudités ou poulet ? C’est tout à fait anormal, cruel, dégueulasse.

Dans un autre registre, je suis farouchement opposé à l’esthétique du meuble TV. Il n’y a rien de plus moche qu’un meuble spécialement conçu pour accueillir une télévision. Moi vivant, jamais je n’achèterai de meuble TV. Ma télévision trouvera place sur un meuble non conçu à cet usage et c’est un principe de vie auquel je ne dérogerai pas (sauf si je jette ma télé, auquel cas, il pourrait être intéressant d’acheter un meuble TV). Les salons spécialement agencés autour d’un canapé et d’un meuble TV constituent l’une des plus grandes abominations de l’esthétique contemporaine.

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© Wikimédia / Anna Markova

Mais ce qui me révolte le plus, en ce moment, a trait à ce qui fait florès depuis quelques années chez les restaurateurs : le fameux “café gourmand” (ah rien que le terme hérisse mes – nombreux – poils). Toutes les brasseries ont adopté cette invention ignoble. Vous connaissez le principe : au lieu de commander un dessert puis un café, il est proposé plusieurs petits desserts sur une assiette en même temps que le café. Ainsi, plutôt que de payer disons, pour une brasserie parisienne de base, 9 euros pour un dessert et 2 euros pour un café, vous aurez pour 7 ou 8 euros un café ET un assortiment de desserts. Évidemment, ça paraît avantageux. Aujourd’hui, selon une étude spécialisée, environ 40 % des restaurateurs auraient inscrit le café gourmand à leur carte. Et bien moi je m’insurge.

En premier lieu, c’est bien sûr la qualité des mini-desserts proposés, le plus souvent médiocres et sans aucun intérêt, qui doit être dénoncée. Au moins, avec le dessert classique, on pouvait espérer que le chef fabrique lui-même une tarte ou une mousse au chocolat du jour (c’est rare… mais ça existe). Avec le principe du café gourmand, impossible, le plus souvent, de faire à la fois un gâteau, une mousse, un macaron, une tarte… en plus des desserts à la carte. Bref, c’est l’aveu immédiat qu’il ne s’agit pas de fait maison… Et bien sûr de nombreux prestataires proposent des cafés gourmands déjà prêts. Regardez par exemple ce qu’on peut trouver en produits surgelés spécialisés pour les restaurateurs.  D’ailleurs, les cafés gourmands proposés reprennent rarement les desserts à la carte. Preuve qu’il s’agit souvent de produits industriels tout faits !

Le deuxième point est que je ne comprends pas ce principe en termes gastronomiques. La cuisine, c’est l’art de l’harmonie. Et souvent le café gourmand consiste à mélanger tout et n’importe quoi, par exemple un macaron au café, avec une mini-part de tarte à la rhubarbe et une crème caramel. Ou alors un flan, une crème et une mousse (que du mou…). Bref, cela n’a ni queue ni tête. Et puis pourquoi faudrait-il impérativement que le dessert soit ainsi segmenté en plein de mini-parts ?  D’autant plus que c’est souvent l’occasion de multiplier les verrines et je hais les verrines. Va-t-on aussi faire des entrées gourmandes, des plats gourmands ? Manger des petits échantillons de préparations vaguement cuisinées ? Faire des tapas party ?

patissier

Wikimédia. Recueil des modes de la cour de France, « Le Patissier »

Heureusement, cette pratique n’a pas atteint les restaurants gastronomiques (c’est d’ailleurs un bon critère si vous cherchez un restaurant haut de gamme, s’il propose un “café gourmand”, vous pouvez passer votre chemin), qui disposent d’un pâtissier dédié dans leur brigade. Là, les desserts seront des créations et si plusieurs sont proposés à la suite (dans un menu dégustation par exemple), ils seront tout en cohérence et en harmonie. Et dans ces restaurants, cela fait longtemps qu’ils développent une pratique bien plus agréable et savoureuse que les cafés gourmands : les mignardises qui accompagnent le café, l’infusion ou le digestif. Juste une petite création pâtissière pour accompagner la fin du repas. C’est offert, c’est bon, c’est classe. J’adore, dans ces restaurants, traîner, commander un café (ou plutôt un digestif) juste pour goûter les mignardises. Parce que le problème du café gourmand, c’est celui-là au fond : il est fait pour accélérer le temps, prendre son dessert, son café et l’addition en même temps (ils n’ont qu’à inventer le plateau-repas gourmand pendant qu’on y est). Alors que moi, ce que je veux, et bien c’est prendre le temps, savourer, laisser les minutes filer, siroter mon café ou mon digestif après avoir bien mangé, flâner en terrasse, profiter.

Bon allez, ça y est, je suis calmé. Merci.

Traquenard au Grand Palais…

17 Juin

Cinema paradisoPar où commencer…

La promesse : un Drive-in (cinéma en plein air) sous la magnifique verrière du monumental et somptueux Grand Palais. MK2 qui assure la programmation et « réinvente l’expérience cinéma ». Les plus chanceux seraient « lovés dans les sièges de voiture de la famille Fiat 500 ou perchés sur une colline aménagée ». Une atmosphère américaine années 50/60 : un diner américain, un disco roller, des flippers… C’était si facile d’imaginer l’atmosphère de la série Happy Days, les serveuses en roller, les banquettes en skai rouge, la grande cafetière de café, le juke box…les pastels vert et rose, la musique…L’affiche en jetait.

Dès l’annonce de l’événement, on s’est précipité. Nous n’étions pas les seules, la presse s’était emparée du sujet: Jt de 20 et de 23 h, articles dans la presse nationale… Les billets se sont vendus comme des petits pains, dès les premières minutes. Nous avons raté les places dans les voitures mais tout là haut, sur la colline, ce serait pas mal. Au programme, le pass journée pour profiter des animations et dîner, et puis Dirty Dancing en début de soirée, un classique. 3 semaines d’attente, nous étions curieuses et impatientes. Et moi, je n’avais encore jamais vu la verrière.

Grand Palais cinema paradisoNous sommes arrivées en fin d’après-midi. Nous avons fait la queue une vingtaine de minutes…On s’approchait de l’entrée. Depuis l’extérieur, nous avons aperçu le joli néon rose « Cinéma Paradiso »…et puis les échafaudages autour. La fameuse colline ne serait donc qu’un vulgaire gradin aussi esthétique qu’une tribune pour match de foot amateur le soir d’une finale ?

On est entrée.

P1020801Que nenni. Point de colline, point de gradin. Le plat pays. L’échafaudage supportait l’écran et faisait face à une série de fauteuils et de voitures enserrés et alignés comme dans un parking de supermarché. Les fiat 500, point d’époque, (déjà Fiat ça n’était pas raccord mais au moins nous savions que les belles américaines ne seraient pas au rendez-vous) était parquées tout au fond.

Nos illusions s’évanouissaient. Nous avons tourné la tête et sommes tombées nez à nez sur un espace de vente de confiseries et biscuits « américains »  (Oréo, M&Ms…) des corn flake aux couleurs flashies, du marshmallow en bocal…ç’aurait pu être une touche finale amusante si le reste n’avait été du même acabit. Le Grand Palais avait été partagé en plusieurs espaces séparés les uns des autres par des barrières métalliques, celles que l’on retrouve sur la voie publique lors des manif, de travaux…(!).

cinema paradiso grand palaisLe diner club, au centre de la nef, était constitué de 4 parois, en contre plaqué, brutes, sur lesquelles avaient été apposées quelques affiches fifties. Les banquettes en skai rouge sur damier noir et blanc s’étaient déjà transformées en citrouille à savoir tables et bancs au design d’aire d’autoroute, le tout sous une forêt de petits parasols Coca-cola. Non loin, le stand Barbie complétait les symboles de cette pauvre Amérique.Grand Palais cinema paradiso

grand palais cinema paradisoNous avons poursuivi notre progression vers le disco (!) roller. Quelques personnes équipées des roulettes appropriées, et prêtées gracieusement, tournaient autour d’un meuble incongru, circulaire et gris, et qui faisait office de sens giratoire tellement la piste était sommaire. Ils tournaient et tournaient à même le ciment, suivis de près par une musique aux accents techno (!) qui émanait de la scène dressée tout à côté et fraîchement démontée pour l’occasion de  je ne sais quelle kermesse de village (au demeurant fort sympathique mais loin de nos attentes en ce jour).

grand palais cinema paradisoAux abords, des sièges un peu baroque (!), des fauteuils club (qu’on ne voit pas ici) de la solderie du coin (loin le coin) et puis sous l’escalier d’honneur, des chaises poussiéreuses en plastique, au design contemporain, côtoyaient de petites colonnes de style égyptien, une grande licorne écorchée dont le lambeau de peau traînait au pied, une cage à oiseau et quelques flippers…

Écinema paradiso grand palaisbahies mais courageuses, nous avons poursuivies nos découvertes. L’autre côté était consacré aux « jeux d’arcade ». De vieilles télés accueillaient  les jeux les plus anciens mais c’était toutes les époques du jeu vidéos qui s’étalaient jusqu’à nos jours. Des reliques pseudo muséales de claviers poussiéreux s’ennuyaient dans des vitrines posées ça et là et témoignaient de ces temps révolus. Tout autour s’égrenaient des stands représentant diverses marques dont nous cherchons encore le lien avec l’esprit définitivement absent des années 50 américaines: les aspirateurs Dyson (il fallait y penser), Google, Adidas, Astérix, Velib…

Et puis à nouveau Barbie…Désespérées, nous nous sommes commises sur quelques photos où nous avons pris la pause dans un décor jaune et rose figurant une boîte grandeur nature de la célèbre poupée. Nous avons ri. Le babyfoot embrochant les poupées ébouriffées était aussi plutôt amusant. Nous nous nourrissions de peu désormais.

grand palais cinema paradiso

Il était 18h30. 30mn pour embrasser l’ensemble et le baiser était salé. Le film à 21h. Nous avons décidé de poursuivre l’expérience jusqu’au bout, par une halte culinaire. Certes, les 4 couverts exceptionnels proposés par le chef Jean François Piège sur le haut de l’escalier d’honneur offraient une vue imprenable sur le guet-apens mais n’étaient pas dans nos moyens. Quant aux sandwich aux homards, ils apparurent peu appropriés au sein du Grand-Palais défiguré.

Alors, on a dit hamburger et cheesecake ! Le hamburger, concocté par la « révélation canadienne » Gita Seaton, a passé le test de nos papilles. Il faut dire que le passable nous aurait semblé des plus savoureux désormais. cinema paradiso grand palaisEn revanche, nous sommes restées sur notre faim concernant le « meilleur cheesecake que la rédaction d’Omnivore n’a jamais mangé ». Gros comme une fraise espagnole perdue dans sa barquette trop grande pour elle, il rivalisait à peine avec le surgelé de ce bon vieux Picard.

19h30.

On s’est cassé.

Déçues et en colère.

D’avoir été prises pour des pommes, des pigeons, des poires…

Et de tant de laideur, de non sens et de pauvreté artistique et culturelle au sein du Grand Palais.  C’était digne d’une foire expo au hall 14 de la Porte de Versailles et encore, on y aurait trouvé des produits de qualité.

Quelques bonus :

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Je suis fan…

22 Mai

maya tristeMalgré toute la poésie de la chose, le bourdon vous gagne…et depuis quelque temps chaque jour ressemble à un dimanche soir comme lorsque vous étiez petit et que l’école c’était demain…

Voici de quoi tenir en ce début d’automne…et bientôt vous danserez, je vous le promets.

  • Un Alex Lutz, génial, à nouveau sur Paris en fin d’année….

Le directeur de casting

Avec Audrey Lamy, Les feux de l’amour…

Karl L.

  • Un Gallienne

Bardot

Borat, à ne pas manquer…

  • Et un Foresti

Isabelle Adjani, brillant…!

Bonne journééeeeeeee…!!!!

Je vous laisse méditer sur cette citation …

29 Avr

« Il faut se tenir à l’écart aussi longtemps que nécessaire. Jusqu’au moment où l’envie et la motivation vous reviennent, aussi fortes qu’au premier jour » Dougie Payne.

Un phrase de circonstance …

Quelqu’un saura-t-il qui est ce Dougie Payne ?

Allez, un indice

 

De quoi occuper ceux qui sont restés bosser !

Femmes, mes amies !

28 Mar

giacometti

Alberto Giacometti. Homme et Femme. Centre Pompidou. Photo : Flickr, alexdelaforest.

Le billet de la poulette bleue sur le harcèlement sexuel m’a fait m’interroger sur un sujet digne des plus mauvais magazines féminins : l’amitié entre un homme et une femme. Les cas insupportables de harcèlement posent plus globalement la question du sexe dans les rapports hommes/femmes. Une relation entre une femme et un homme peut-elle échapper à une dimension sexuée, de la drague sympathique à la séduction mutuelle, en passant par le fléau du harcèlement ? Sujet pour Psychologie magazine peut-être, mais sujet quand même (en tout cas j’ai rien trouvé de mieux à écrire aujourd’hui !).

Selon une récente étude menée par des chercheurs de l’université de Wisconsin (qui mériterait certainement d’intégrer le Tumblr Les études à la con), l’amitié entre les hommes et les femmes serait impossible. En interrogeant 400 hommes et femmes adultes sur leurs amitiés, les chercheurs démontreraient que, dans la majorité des amitiés entre hommes et femmes observées, il existait toujours un minimum d’attirance sexuelle (surtout de la part des hommes comme par hasard). Plus encore, la recherche montre que les hommes et les femmes qui déclaraient le plus d’amis de sexe opposé étaient ceux qui étaient le moins heureux dans leurs relations amoureuses respectives. Autrement dit, le fait d’avoir des amis de sexe opposé au sien fragiliserait ses relations amoureuses. A moins que, du fait d’un dépit amoureux existant, on se tourne plus facilement vers des « amis » d’un autre sexe que le sien, dans l’espoir peut-être de faire quelques conquêtes parmi ces nouveaux amis ! Ça y est, la boucle est bouclée : si on a un ami de sexe opposé, c’est toujours avec une arrière-pensée sexuelle.

femme

Photo : Flickr, philippe leroyer.

Je n’ai pas lu l’étude dans le détail pour tenter d’en décrypter d’éventuels contresens. Mais, sans faire le psychanalyste sauvage, je rappellerais d’abord que le sexe est partout, de façon consciente ou inconsciente, refoulée ou acceptée, et ce avec ses amis (y compris de sexe identique au sien) ou même sa famille (si, si relisez Freud). Il suffit d’assister à une soirée entre mecs hétéros (je sais de quoi je parle là) pour constater à quel point la sexualité est présente via des blagues plus ou moins salaces sur l’homosexualité (=refoulement profond ?). Ce n’est donc pas parce qu’une relation sexuelle potentielle, voire une attirance à certains moments, existe entre un homme et une femme que l’amitié est impossible.

J’ai et j’ai eu plein d’amies femmes. J’ai connu de splendides relations d’amitié avec des femmes. J’ai eu une grande amie pendant toute mon enfance. J’ai vécu en colocation avec une amie qui le reste aujourd’hui. Je suis le parrain du fils d’une femme avec qui j’ai développé une immense amitié. Pendant mes années de fac en Provence, mes deux meilleurs amis étaient des femmes. Ah et puis j’oubliais, je participe à un blog de filles…

Ces amitiés ont existé sans ambiguïté sexuelle ou presque, même quand j’étais célibataire. “Presque” effectivement, parce qu’une ambiguïté peut naître dans ce type de relation (en tout cas entre hétérosexuels), surtout au début. Mais quand on s’aperçoit que ce qui nous unit à l’autre n’a pas à voir avec l’attirance physique, l’amitié peut se déployer (en cas inverse, une autre relation peut exister, et alors, c’est bien aussi !). Petit raisonnement par l’absurde : on ne peut pas avoir de désir pour TOUTES les femmes non ? (sauf certains hommes politiques peut-être…) Et encore moins de l’amour non ? Pourquoi ne peut-on pas être ami avec une femme qu’on ne désire pas ? La barrière du sexe est-elle infranchissable ?

Je suis convaincu du contraire. Les amitiés hommes/femmes sont importantes parce qu’elles permettent une richesse. Comment peut-on n’avoir que des amis hommes (quand on est un homme) ? Comment se priver d’amitié avec la moitié de ses concitoyens ? Je ne dirais pas non plus que les amitiés avec des femmes sont différentes des amitiés avec des hommes. Je déteste ces poncifs sur les prétendues qualités féminines (douceur, compréhension, psychologie, etc.) qui permettraient notamment de développer des relations d’amitié différentes avec les femmes. Non, simplement, certaines personnes me donnent envie de les connaître, certaines de ces personnes sont devenues des amis proches ou moins proches. Il y a parmi ces personnes des hommes et des femmes. Bref, l’amitié homme/femme, c’est pour moi une évidence, c’est le monde d’aujourd’hui ou, du moins, le monde tel qu’il devrait être. Dans une société d’égalité entre les hommes et les femmes (on en est loin je suis d’accord), cela ne devrait être que naturel.

Désolé pour ce billet peut-être un peu trop sérieux ou ennuyeux. Bon, on a quand même le droit de rire de ce sujet (y compris grassement !) :

Parfois, je m’énerve toute seule …

25 Mar

drink coca cola

J’ai regardé jeudi soir un reportage de l’émission Envoyé spécial sur le harcèlement de rue que peuvent subir les femmes. En fait, la journaliste s’est inspirée d’un reportage belge qui a fait grand bruit sur le même sujet (dont je n’avais pas entendu parler, évidemment). Tellement grand bruit qu’une loi a été votée, pénalisant le harcèlement de rue. Un petit résumé des épisodes précédents sur ce lien :

http://www.rfi.fr/europe/20120801-harcelement-feminisme-belgique-racisme

Quand on parle de harcèlement de rue, il s’agit des tentatives très lourdes de drague de la part de certains représentants mâles, et qui n’hésitent pas à virer brutalement à l’insulte lorsque la réponse de la fille fuse un peu trop ! Du machisme ordinaire ? Non, un peu plus que cela.

A voir également, quelques réactions masculines suite à ce reportage sur twitter, sur ce même lien. On retrouve inévitablement des réactions du type : « c’est plutôt flatteur pour vous, cela n’arrive pas tous les jours non plus … ». Comme s’il fallait s’y faire, que c’est comme cela, voire même « oh et puis ce n’est pas si désagréable que cela ! ». L’argument alternatif étant que nous, les femmes, prenions cela au drame ! On est pas loin de l’expression parfois entendue au sujet des filles qui se font violer « c’est qu’elle l’a sûrement cherché aussi » !

Cela m’a vraiment interpellée et énervée. C’est vrai qu’un peu de drague ne fait pas de mal et peu effectivement être flatteur, sauf que dans ces cas précis, il y a autre chose derrière ces paroles. Parce que finalement, ces garçons ou ces hommes, je n’ai pas l’impression qu’ils aient tellement envie que la fille accepte leurs avances, ou si c’est le cas, c’est uniquement pour tirer en coup. Et encore … C’est plutôt considérer qu’à partir du moment où une fille est seule elle est disponible. Ce qui est sous entendu c’est que si tu n’es pas seule, tu n’as pas à te promener sans ton mec ! On peut aller loin comme cela …

Un autre sujet était abordé dans le reportage, les frotteurs du métro.

Ce sont des hommes qui profitent de l’heure de pointe et des rames de métro bondées, pour se coller à une proie féminine et se frotter allègrement mais discrètement contre elle. Cela fait froid dans le dos ! D’autant que les victimes ne s’en rendent pas forcément compte !

Là aussi ce qui m’a interpellé, c’est la réaction des hommes : ils ne font rien de mal, ils n’imaginent même pas que de se frotter à une personne non consentante puisse être considérée comme une agression. Cela me hérisse, me révolte, et remue des sentiments anciens chez moi.

Comme si juste un regard ne pouvait pas être pris comme une agression! Comme si tant qu’il n’y a pas viol, ce n’est pas une agression! Mais dans quel monde ces hommes vivent-ils ?

Ils ne se rendent pas compte, que certaines femmes  vont réfléchir à deux fois, selon leur emploi du temps de la journée, selon qu’elles vont rentrer tard ou pas, accompagnée ou pas, à la façon dont elles vont s’habiller, pour être certaine de ne pas avoir d’ennui dans le métro par exemple (moi j’ai résolu le problème en ne me mettant que très, très rarement en jupe, mais est ce que ce ne serait justement pas lié ? Je passerai sur le divan une autre fois …).

Je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de mecs à qui cela arrive ?