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Sur la route de la plage…rêve d’Orient Express.

12 Juin

Je suis du Nord et déteste ces grandes plages à perte de vue. J’aime les petits coins escarpés, les écrins qu’enserrent une falaise ou une langue de dunes. Les plages du Nord, comme ailleurs, sont bien souvent entamées par un cordon interminable d’immeubles infâmes ou un ruban d’anciennes gloires architecturales décaties et outragées par le temps. Malgré tout, à une certaine époque, j’ai pu découvrir de petits chemins qui débouchaient vers une côte plus sauvage, à front de falaise…mais avant d’atteindre la mer, je vous propose une ou deux escales qui modifieront, je l’espère, cette image souvent triste qui colle à la peau de la région…

Bucolique Avesnois

De Paris, je vous invite à prendre la direction de l’Avesnois.

Au sud du département du Nord, l’Avesnois s’étend en paysages de bocages verdoyants, entre prairies et vergers, rivières sinueuses et moulins ( comme ceux de Felleries ou de Flaumont), villages pittoresques et abbayes, et égraine ses kiosques à musique et à danser, sans oublier ses oratoires en pierre bleue (un gris bleuté dira t-on)…

Une halte à Maroilles…

J’en garde un souvenir de petit village ravissant, niché au creux du parc régional de l’Avesnois, bercé par le cours tranquille de l’Helpe mineure et poissonneuse que seules viennent agiter les aubes de l’imposant moulin de l’ancienne abbaye des moines bénédictins…

Et rien de tel pour affronter les frimas de l’été qu’une flamiche au Maroilles, qui associe une pâte presque briochée au dit fromage, le tout accompagné d’une Chimay et conclu d’une tarte au « chuc » (sucre), dans l’une des pittoresques brasseries du village…

Ainsi revigorés, partez pour une promenade digestive à travers la localité avant de reprendre la route vers le lieu de votre nuitée.

Rêves d’Orient-Express

J’ai dit « rêves »…et j’ai trouvé l’idée plutôt amusante…à vous de la tester.

En direction de Lille, à Sailly-sur-la-Lys, une gare s’est endormie depuis les Années folles …

Sur les rails patiente un wagon-lit de luxe tout en bois marqueté et décoration d’époque. Cette pièce de collection abrite sept chambres simple ou double qui vous transportent dans l’atmosphère d’antan, du temps de l’âge d’or du chemin de fer. Quant au restaurant, à la carte alléchante et très terroir local, il a élu domicile au sein de la gare…

Espérant qu’un soin particulier a été apporté à la literie, c’est frais et dispo que vous reprenez la route pour enfin humer les embruns de la côte…direction le Boulonnais.

Escalles…

Comme je vous le disais, ma préférence emprunte les côtes sauvages (influences indélébiles des vacances estivales passées sur les rivages bretons). Les falaises des cap Gris nez et Blanc nez , aux abords de Boulogne-sur-mer (très jolie ville fortifiée parmi la cordée des citées de la région marquées par Vauban), proposent quelques percées vers la mer…des chemins certes connus mais plus confidentiels…Et c’est depuis Escalles et son cran, véritable entaille naturelle un temps aménagée pour mieux ramener à terre les butins des bateaux attaqués et coulés par les gens du châtelain, que je vous promets d’accéder à la plage, dans un cadre naturel, au pied de la falaise crayeuse…

Attentat esthétique et autre souvenir de plage…

5 Sep

Après un premier bain dans une mer déchainée  était venu le moment de lézarder au soleil.
Alanguie sous sa caresse, à l’orée de ce fabuleux instant précédent le plongeon vers le sommeil, je sentis soudain -attirées sans doute par la respiration de ma peau, par la moiteur de mon corps sous la dite caresse et quelques algues déposées par la dernière marée, le chatouilli désagréable de dizaines de pattes de mouches arpentant sans scrupule et scrupuleusement  ma personne.
Je commençais alors à m’agiter, tentant de les impressionner…mais peine était perdue. Je décidais d’employer les maigres moyens à ma disposition et débutais un tartinage de crème solaire indice 50 des oreilles aux orteils…dont elles ont raffolé.

Mais ça n’était point de ce désagrément dont je voulais vous entretenir.
Le soleil se faisait moins ardent, aussi, toute accaparée à mon combat -et sans doute un peu énervée, je passais de la position horizontale à semi-verticale -assise donc, et me suis mise à observer la plage.
Magnifique que cette marée montante, tous un peu plus proches nous étions désormais les uns des autres, repoussés par les éléments jusqu’aux derniers grains de sables secs, et puis cette eau iodée azur et cristalline, ces enfants qui jouent au bord…et puis mes voisins.
Oui, mes voisins, ceux-là mêmes qui, un peu plus tôt, s’étant installés, l’air de rien, si près de ma serviette que j’avais dû me décaler de quelques mètres pour être plus à mon aise, avaient copieusement investi l’espace.
Il faut dire qu’on en met dans les sacs Auchan…car le voilà l’attentat!
Je regardais à ma gauche, sans trop chercher, et puis facilement je mis le nez dessus : sac Carrefour ici, sac Super U plus loin, côtoyant serviette chien-loup et autre drap de plage à dauphin bleu.
La fin des petits sacs plastiques distribués en caisse a laissé libre cours à l’invasion de ces grands cabas à l’effigie des enseignes de la grande distribution. Ces disgracieux fourre-tout réutilisables et échangeables à souhait sont à l’évidence d’une praticité redoutable qui supplante toutes velléités esthétiques. Et d’un décor de rêve, vous voici catapulté en plein supermarché…