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Les petits chameaux

25 Avr

chameau“Ah les p’tits chameaux”, c’est une expression de ma grand-mère maternelle, encore elle. Et suite à mon précédent billet, c’est de circonstance pour qualifier votre choix en faveur de l’histoire de la machine à laver que je dois maintenant vous raconter. Elle utilise cette expression “Les p’tits chameaux” pour désigner les enfants qui font une bêtise pas méchante. Ce n’est pas vraiment une bêtise, mais vous êtes vraiment des p’tits chameaux de m’obliger à ouvrir la boîte à souvenirs de ma vie de famille !

Mais en même temps cela tombe bien car figurez-vous que ma grand-mère maternelle – Marguerite – a 84 ans aujourd’hui ! Elle a vécu toute sa vie dans un périmètre d’une dizaine de kilomètres dans le pays d’Auge, pas très loin du village de Camembert pour vous situer (vous voyez non ?). Elle a eu 10 enfants, 22 petits-enfants et a aujourd’hui 3 arrières petits-enfants. Elle a vécu la majeure partie de sa vie (54 ans !) dans la ferme de ses parents reprise par mon grand-père, avant de rejoindre un pavillon dans une petite ville de l’Orne où elle coule des jours heureux.

laverIl y a une dizaine d’années, j’avais interviewé ma grand-mère avec l’objectif d’en faire un récit de vie qui pourrait circuler dans la famille. Projet oublié mais j’ai retrouvé les retranscriptions de ces interviews. C’est impressionnant de constater combien en deux générations, de la vie de ma grand-mère à la mienne aujourd’hui, la transformation des modes de vie est grande. C’est banal comme propos, mais vu au prisme de son histoire familiale personnelle, c’est toujours sacrément émouvant. L’histoire de la machine à laver en est un bon exemple. Jusqu’à l’arrivée de la machine à laver dans la maison (dans les années soixante si je me souviens bien de ses propos, ce n’est pas dans les retranscriptions), il fallait laver son linge au lavoir. Elle n’avait pas encore 10 enfants à l’époque mais quand même. Vous imaginez le travail ! Et la première machine à laver, si elle a considérablement amélioré la vie quotidienne à la ferme, était quand même loin des machines modernes. C’était une machine semi-automatique, il ne suffisait pas de mettre le linge et de faire tourner, il y avait pas mal de manipulations à effectuer. D’ailleurs, si vous vous intéressez comme moi (!) à l’histoire des machines à laver, je vous conseille de consulter www.lamachinealaver.com.

Et puisque c’est l’anniversaire de ma grand-mère aujourd’hui, je vous livre en exclusivité mondiale  quelques mots qu’elle m’avait confiés à propos des anniversaires. 

« J’ai eu une surprise une fois. J’avais sept ans. Je m’en souviens. C’était mon anniversaire, le 25 avril. Il commençait déjà à faire nuit et papa me dit : “va fermer les fenêtres là-haut.”  Je lui dis y avoir déjà été mais il me répète : “non, elles ne doivent pas être fermées.” Alors, moi, j’avais pas du tout envie d’aller là-haut parce que j’étais vraiment trouillarde et il n’y avait pas de lumière. Alors, j’y suis tout de même allée et quand je suis revenue en courant en fermant les yeux – quand j’avais peur, je fermais les yeux – on m’a dit “bon anniversaire” et papa m’avait acheté des grosses pâquerettes. Et j’ai toujours eu un amour pour ces grosses pâquerettes qui vont du blanc jusqu’au rose. J’étais très étonnée par ce cadeau parce qu’on avait jamais de cadeau mais je ne sais pas, il avait dû penser à cela pour mon anniversaire. Et puis maman les a plantées devant le jardin. C’était une sacrée surprise ! »

paquerettesDe quoi faire réfléchir quant au business des anniversaires des enfants d’aujourd’hui, qui rivalisent dans la surenchère de cadeaux, d’animations ou de concepts ! Vous vous imaginez offrir aujourd’hui à une petite fille de sept ans des pâquerettes (même grosses…) comme seul cadeau d’anniversaire ? Ça pour une surprise, ce serait une surprise, mais qui risque fort de se terminer en crise de larmes !

 

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Femmes, mes amies !

28 Mar

giacometti

Alberto Giacometti. Homme et Femme. Centre Pompidou. Photo : Flickr, alexdelaforest.

Le billet de la poulette bleue sur le harcèlement sexuel m’a fait m’interroger sur un sujet digne des plus mauvais magazines féminins : l’amitié entre un homme et une femme. Les cas insupportables de harcèlement posent plus globalement la question du sexe dans les rapports hommes/femmes. Une relation entre une femme et un homme peut-elle échapper à une dimension sexuée, de la drague sympathique à la séduction mutuelle, en passant par le fléau du harcèlement ? Sujet pour Psychologie magazine peut-être, mais sujet quand même (en tout cas j’ai rien trouvé de mieux à écrire aujourd’hui !).

Selon une récente étude menée par des chercheurs de l’université de Wisconsin (qui mériterait certainement d’intégrer le Tumblr Les études à la con), l’amitié entre les hommes et les femmes serait impossible. En interrogeant 400 hommes et femmes adultes sur leurs amitiés, les chercheurs démontreraient que, dans la majorité des amitiés entre hommes et femmes observées, il existait toujours un minimum d’attirance sexuelle (surtout de la part des hommes comme par hasard). Plus encore, la recherche montre que les hommes et les femmes qui déclaraient le plus d’amis de sexe opposé étaient ceux qui étaient le moins heureux dans leurs relations amoureuses respectives. Autrement dit, le fait d’avoir des amis de sexe opposé au sien fragiliserait ses relations amoureuses. A moins que, du fait d’un dépit amoureux existant, on se tourne plus facilement vers des « amis » d’un autre sexe que le sien, dans l’espoir peut-être de faire quelques conquêtes parmi ces nouveaux amis ! Ça y est, la boucle est bouclée : si on a un ami de sexe opposé, c’est toujours avec une arrière-pensée sexuelle.

femme

Photo : Flickr, philippe leroyer.

Je n’ai pas lu l’étude dans le détail pour tenter d’en décrypter d’éventuels contresens. Mais, sans faire le psychanalyste sauvage, je rappellerais d’abord que le sexe est partout, de façon consciente ou inconsciente, refoulée ou acceptée, et ce avec ses amis (y compris de sexe identique au sien) ou même sa famille (si, si relisez Freud). Il suffit d’assister à une soirée entre mecs hétéros (je sais de quoi je parle là) pour constater à quel point la sexualité est présente via des blagues plus ou moins salaces sur l’homosexualité (=refoulement profond ?). Ce n’est donc pas parce qu’une relation sexuelle potentielle, voire une attirance à certains moments, existe entre un homme et une femme que l’amitié est impossible.

J’ai et j’ai eu plein d’amies femmes. J’ai connu de splendides relations d’amitié avec des femmes. J’ai eu une grande amie pendant toute mon enfance. J’ai vécu en colocation avec une amie qui le reste aujourd’hui. Je suis le parrain du fils d’une femme avec qui j’ai développé une immense amitié. Pendant mes années de fac en Provence, mes deux meilleurs amis étaient des femmes. Ah et puis j’oubliais, je participe à un blog de filles…

Ces amitiés ont existé sans ambiguïté sexuelle ou presque, même quand j’étais célibataire. “Presque” effectivement, parce qu’une ambiguïté peut naître dans ce type de relation (en tout cas entre hétérosexuels), surtout au début. Mais quand on s’aperçoit que ce qui nous unit à l’autre n’a pas à voir avec l’attirance physique, l’amitié peut se déployer (en cas inverse, une autre relation peut exister, et alors, c’est bien aussi !). Petit raisonnement par l’absurde : on ne peut pas avoir de désir pour TOUTES les femmes non ? (sauf certains hommes politiques peut-être…) Et encore moins de l’amour non ? Pourquoi ne peut-on pas être ami avec une femme qu’on ne désire pas ? La barrière du sexe est-elle infranchissable ?

Je suis convaincu du contraire. Les amitiés hommes/femmes sont importantes parce qu’elles permettent une richesse. Comment peut-on n’avoir que des amis hommes (quand on est un homme) ? Comment se priver d’amitié avec la moitié de ses concitoyens ? Je ne dirais pas non plus que les amitiés avec des femmes sont différentes des amitiés avec des hommes. Je déteste ces poncifs sur les prétendues qualités féminines (douceur, compréhension, psychologie, etc.) qui permettraient notamment de développer des relations d’amitié différentes avec les femmes. Non, simplement, certaines personnes me donnent envie de les connaître, certaines de ces personnes sont devenues des amis proches ou moins proches. Il y a parmi ces personnes des hommes et des femmes. Bref, l’amitié homme/femme, c’est pour moi une évidence, c’est le monde d’aujourd’hui ou, du moins, le monde tel qu’il devrait être. Dans une société d’égalité entre les hommes et les femmes (on en est loin je suis d’accord), cela ne devrait être que naturel.

Désolé pour ce billet peut-être un peu trop sérieux ou ennuyeux. Bon, on a quand même le droit de rire de ce sujet (y compris grassement !) :

Mon cahier de recettes ….

20 Fév

gateau chocolat

Alors que je me retrouvais seule chez moi (cela n’arrive pas tous les jours, c’est pour cela que je le note, et probablement parce que si je n’avais pas été seule, ce que je vais raconter ne serait pas arrivé … quel teasing, mes amis !) je voulais faire un fondant au chocolat. J’en avais fait un très bon il y a peu, en prenant bêtement la recette sur l’emballage de la plaque de chocolat. Malheureusement, si je suivais cette recette, je n’avais pas assez de chocolat. Qu’à cela ne tienne, je me suis souvenu que ma grand mère réalisait un fondant avec assez peu de chocolat, et néanmoins délicieux. Restait à retrouver la recette …

J’ai sorti mon antique cahier de recettes, et me suis mis à le feuilleter à la recherche de cette fameuse recette. En déchiffrant les titres des recettes collées, recopiées par moi ou d’autres, me sont revenues en mémoire les histoires de chaque recette comme des fragments de ma propre vie. Un moment plein d’émotion …

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Déjà, le cahier en lui même date de quelques dizaines d’années, je l’avais trouvé dans les affaires de mon père, en provenance directe de Chine.

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Mon écriture des premières recettes est typique de mes années étudiantes ! J’avais décidé de faire les « d  » comme ma grand-mère ! A la recherche d’un style semble-t-il… S’entassent pêle-mêle des morceaux de papiers découpés et collés , certaines pages sont un peu tâchées, des pages de magazines ont été découpées et se sont glissées. J’y retrouve …

les recettes de famille, comme ces édredons de poupée (nom donné par ma grand-mère maternelle aux bottereaux ou bugnes), transmise d’une génération à l’autre, et que j’ai dû faire une ou deux fois seulement. Une pizza sans pâte, souvenir d’un séjour familial à l’étranger, mais que personne n’a réussi à reproduire avec le même goût que là-bas… Le fameux gâteau au chocolat de ma grand-mère qu’elle nous préparait systématiquement lorsque nous venions la voir. Il était vraiment délicieux, mais généralement ma grand-mère nous avait tellement fait à manger avant (avec l’obligation de terminer les plats) que nous n’avions plus beaucoup de place pour le dessert.

les recettes des années étudiantes, premières années à devoir me faire seule à manger voire à préparer un repas pour d’autres ! Floriane m’avait ainsi fait découvrir les gougères. S’en est suivie toute une période soufflé semble-t-il : soufflé au fromage, omelette soufflé aux concombres (oui, c’est assez étonnant !), j’ai même une recette de soufflé aux nouilles ! Audrey m’avait donné la recette d’un flan à la noix de coco prêt en 5 minutes…  Ou encore Delphine et son cake de mozzarella et tomates. Mes premières recettes un peu élaborées ! (je partais de loin …)

les recettes souvenirs d’enfance, comme cette pâte à merveille que je faisais enfant rien que pour le plaisir de manger la pâte non cuite, délicieuse… Les gâteaux finalement confectionnés étaient moins bons, mais on pouvait laisser libre cours à son imagination en créant tout ce que l’on voulait avec cette pâte. La recette de MON gâteau au chocolat à la crème, seule personne de la famille à le réussir convenablement (craquant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur), souvenirs d’après-midi où pour chasser l’ennui je faisais des gâteaux…

les recettes de mon beau-père, féru de cuisine, qu’il me transmettait comme une façon de s’apprivoiser l’un l’autre et de me faire entrer dans cette famille étrangère pour moi (je m’en aperçois maintenant, un peu tard …)

les recettes pour faire plaisir à mon véliplanchiste, très amateur de cuisine indienne…

– et puis pour finir, les recettes que j’ai trouvées seules comme une grande, que j’aime réaliser car simples et bonnes, signe de ma prise d’indépendance ?

Dire que j’avais l’intention de m’acheter un nouveau cahier tout beau tout propre pour remplacer celui-ci !

ps : et j’ai tout de même réussi à préparer le fondant au chocolat de ma grand mère ! Il était comme dans mon souvenir…

Mes hommes …

12 Jan

Est-ce l’arrivée du coq dans le poulailler ? Je me suis sentie inspirée par les hommes, enfin par les miens. Oui, car j’ai la chance, l’honneur, l’extrême joie, en fait je n’ai nullement eu le choix, de n’avoir que des hommes à la maison. Venant moi même d’une famille quasi exclusivement féminine, j’ai progressivement découvert que vivre avec des garçons impliquait certaines règles ou contraintes :

– La plus importante et la plus contraignante à mes yeux : vérifier scrupuleusement la lunette des toilettes avant de poser délicatement son propre postérieur. La probabilité d’y trouver quelques gouttes est très proche de 100%  et le découvrir une fois déjà assise est très désagréable !

– Nettoyer au moins tous les deux jours la dite cuvette des toilettes. Je ne sais pas comment ils font, c’est à croire qu’ils ne savent pas viser…

– Faire silence complet, au risque de s’entendre rappeler à l’ordre par un « Chuuuuut » retentissant lorsqu’on parle de foot à la radio, télé…

– Jouer à l’infirmière, lorsque tous les représentants mâles sont au bord de la mort, c’est à dire qu’ils ont juste un rhume. Et attention à les prendre au sérieux sinon ils sont vexés!

– Les entendre faire des concours à propos de tout et de rien. Qui a été le plus malade, le plus gravement blessé, le meilleur au foot, etc.

– Ne jamais vouloir se couvrir lorsqu’il fait froid. Leur rêve c’est de pouvoir être en tee-shirt toute l’année. Pour ce cas, je me demande si ce n’est pas plutôt une question d’âge ?

– Les entendre dire « Oh, on dirait une fille ! » comme si c’était une insulte et comme si je n’étais pas là, ou ne me sentais pas concernée ! Je crois que pour eux je suis d’abord une mère et non pas une fille !

– Avoir un placard rempli de ballons divers et variés. Celui-ci nécessitant une ouverture très prudente au risque de voir se déverser tous les ballons : trois pour le foot, un pour le rugby, un pour le baskett, plus un en mousse, tout en sachant que le sport le plus souvent pratiqué est le tennis !

En écrivant cet article, j’ai une pensée pour mon père qui se trouvait dans une situation inverse à la mienne. Je me souviens notamment de lui sortant de la salle de bains particulièrement énervé, avec son rasoir à la main, demandant une fois encore qui avait osé l’utiliser ? Son rasoir n’étant pas bien nettoyé ou ne coupant plus suffisament. Autre sujet qui mettait mon père en rage, vu que la corvée lui revenait : les toilettes bouchées en raison d’un malheureux tampon tombé par mégarde (très probablement) dans la cuvette des wc. Dans tous ces cas là, personne n’était coupable… Peut être que c’était ma mère en fait ??

Que reste-t-il de nous ?

17 Nov


J’arrive très bientôt à un âge fatidique, en tous cas symbolique (peut être la moitié de ma vie ?) et alors que je ne regardais pas en arrière, j’éprouve soudain le besoin d’aller y jeter un œil. Est-ce pour savoir ce qu’il reste de nous ( je vous rassure je ne vais pourtant pas sur mes 60 ans…) ?   A-t-on besoin de mesurer le chemin accompli ? Avons-nous essaimé de jolies choses ? Peut-on, et doit-on, réparer les mauvaises choses qu’on a pu laisser traîner ? 

Sauf que l’on se souvient de ce que l’on a reçu mais rarement de ce que l’on a donné. On chercherait chez les autres, un peu de soi ? Faut-il chercher à tout prix à renouer contact avec d’anciens amis ? Si on les a perdus de vue, peut être y avait il une raison ? La tentation de retrouver un peu de notre jeunesse, d’une certaine insouscience est grande mais me semble tout de même vaine. En tous les cas, au vu du succès des sites d’anciens camarades, beaucoup cherchent à renouer un contact perdu. J’avoue personnellement avoir un peu de mal à renouer avec les personnes qui n’ont pas particulièrement comptées pour moi, même si j’ai passé de bons moments avec elles. Je n’ai parfois même pas répondu à certains messages … Une fois passées les banalités, que dire ?
A l’inverse, pour certaines personnes rencontrées au cours de notre vie, on sait que même si l’on se perd de vue on se retrouvera à un moment ou un autre (ou peut être se persuade-t-on de cela ?).  Un peu comme dans la chanson, le tourbillon… Ces personnes font partie de notre vie tout en y étant pas forcément présentes.

Et c’est vrai que cela fait du bien de savoir que certaines personnes qui ont compté pour nous, se souviennent de nous, ont gardé en mémoire quelques mêmes souvenirs. Pour moi qui suis persuadée que tout le monde m’oublie (c’est grave docteur ?), les quelques fois où cela m’est arrivé, cela m’a agréablement surprise.

Comme quoi, nous sommes éternellement liés émotionnellement à nos actes passés.

Les jolies colonies de vacances…

1 Sep

Chaque été, lorsque je prends la route des vacances, un petit air de nostalgie me surprend. Il arrive généralement lorsque  je croise des jeunes que l’on sent un peu anxieux et plein d’attente vers un ailleurs … Cela me rappelle les vacances de mon adolescence et l’espoir que j’y mettais, espoir qui (même si j’en ai un peu honte) tournait exclusivement autour de nouvelles amitiés et éventuels amours.

A partir de 13-14 ans, je partais généralement 15 jours ou 3 semaines l’été en colonie de vacances. Si plus jeune une première colonie m’avait un peu traumatisée, adolescente, ces vacances représentaient pour moi un espace inédit de liberté et de rencontres. Je crois que ces colonies me permettaient le temps d’un été d’être une autre.

C’est d’ailleurs en colonie que j’ai fait quasiment toutes mes premières fois. Première cigarette, première cuite, premiers baisers, premiers amours, premières blessures… Je me souviens encore de mon premier « flirt » (j’adore ce mot !). C’était une colonie avec option voile, je crois, en tous cas nous étions arrivés sur la plage par groupe selon la provenance géographique et l’arrivée des trains. Alors que nous attendions je ne sais quoi, mon regard avait croisé celui bleu azur d’un de mes petits camarades. Nous étions restés scotchés par le regard une ou deux secondes de plus qu’habituellement.

Je ne me souviens plus de son prénom, ses traits sont quasiment estompés, mais je me souviens parfaitement de la couleur de ses yeux et de l’émotion forte ressentie à ce premier échange. Je crois qu’au final notre histoire n’avait pas survécu plus d’une semaine… Depuis, j’ai toujours eu un faible pour les yeux bleus …

C’est aussi ce qui était incroyable dans ces colonies : la rapidité et l’intensité des relations qui s’y créaient. Après à peine une semaine, les groupes d’amis et les couples d’amoureux étaient constitués. Au bout de deux semaines, les meilleurs amis étaient déjà fâchés, et les amoureux avaient changé de partenaire. La vie en communauté amplifiant nettement les relations : tout va beaucoup plus vite, tout y est beaucoup plus fort.

Le retour était en revanche très chaotique. Pendant une semaine, je pleurais tous les jours toutes ces amitiés perdues. Nous étions les meilleurs amis du monde, mais passés trois mois nous ne nous donnions plus de nouvelles…

Du bienfait de regarder dans son rétroviseur…

13 Juin

Non, je n’ai pas l’intention de vous faire un cours de conduite  (quoique c’est aussi vraiment utile de regarder dans son rétro… )! Je parle de son propre rétroviseur intérieur. Le fait de regarder derrière soi…

Je m’explique. En me plongeant récemment dans le tri de mon courrier qui s’entassait dans une boîte en carton , je n’ai pas résisté à la tentation d’en relire certains.

En fait, je pensais que cela m’énerverait très vite , considérant ces différentes périodes passées, comme étant en effet derrière moi, et limite ne faisant plus partie de moi. J’allais en lire un ou deux et basta tout remettre en vrac dans une autre boîte plus jolie. Comme je l’avais déjà fait plusieurs fois auparavant.

Sauf que cette fois, bizarrement, cela ne s’est pas passé ainsi. J’en ai lu une, qui m’a surprise, puis une autre, découvrant encore autre chose, pour finir par quasiment tout lire, en essayant de reconstituer parfois une chronologie. Une fois arrivée au bout, j’ai souri, ressentant une bienveillance envers toutes ces personnes qui m’avaient écrit (ça à l’air un peu débile, mais c’est vraiment ce sentiment qui m’est venu). Je me suis trouvée chanceuse d’avoir reçu ces marques d’intérêt, ces quelques déclarations parfois, ces petits riens du tout…  Et cela fait du bien ! Surprise , sans doute, d’être en accord avec moi-même…

J’y ai aussi découvert des choses que je n’avais pas perçues lorsque j’avais reçu certaines de ces lettres, que certaines correspondances avaient perduré sur plusieurs années, ce dont je ne me souvenais pas.

Après ces émotions, je me suis demandé si j’avais 20 ans aujourd’hui (enfin un âge où il est primordial voire vital d’échanger, de communiquer), est ce que j’écrirais encore des lettres par courrier ? C’est peu probable (d’ailleurs je n’ai plus 20 ans et je n’écris quasiment plus, si ce n’est des cartes postales… C’est dire…). A la lumière de cet épisode, je me dis que c’est tout de même dommage. Que restera-t-il des correspondances par e-mails ou par sms ? Des disques durs ? des sauvegardes ? Y aura-t-il autant de sensations ? de rouvrir ces vieux papiers qui ont voyagé, qui ont été touchés, pliés, dépliés… de reconnaître une écriture… A voir …